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Faut-il avoir peur de l’Internet des objets?

5 décembre 2012

danger Internet des objetsLe thème de l’édition 2012 de LeWeb peut sembler aux bords de la science-fiction. Internet des objets, les objets communicants… ou comment des objets peuvent interagir sans intervention humaine… voire à l’insu de certains hommes (en l’occurrence des consommateurs).
Certaines conférences peuvent d’ailleurs éveiller des craintes légitimes. Quand Jeff Hagins, fondateur de SmartThings, entend marier le monde physique et le monde digital pour « rendre programmable le monde physique », on ne peut s’empêcher de craindre le pire. S’agit-il de rendre également programmable certains comportements humains ? Et si certaines actions humaines peuvent devenir programmables, est-ce à dire qu’elles sont prévisibles, nécessaires… et donc nullement libres ?

Modéliser des comportements humaines ne retire rien à leur caractère aléatoire

Evidemment chaque projet intégrant des objets connectés peut être habité d’une philosophie bien différente. Par exemple, quand Tony Fadell prétend que son thermostat intelligent (Nest) peut s’adapter aux modèles de consommation énergétiques de tous les foyers, il ne prétend pas que tous les foyers ont des modèles de consommation dénués de liberté. Chaque foyer a son type de consommation énergétique, qui peut parfois être très réglé, parfois être très « anarchique ». Mais dans tous les cas, Nest aura l’intelligence d’essayer de construire un modèle le plus proche possible de la consommation effective du foyer.
La notion de modèle est ici central. En science, on considère qu’une théorie est valable si on peut trouver un modèle, un univers cohérent, dans lequel elle est vraie. Ce modèle n’est pas forcément la vérité définitive de cette théorie ; il en est un champ d’application possible.
De la même façon, Nest peut construire un modèle énergétique pour un foyer, qui n’est pas pour autant la vérité définitive de la consommation de ce foyer.

Quand le modèle veut se faire traduction unilatérale…

Tant que l’Internet des objets reste synonyme de prévisions liées à des évènements aléatoires, il n’y a donc aucune raison d’en avoir peur.

En revanche, quand une société telle qu’Interaxion prétend lire dans les ondes cérébrales pour « lire dans vos pensées », il y a davantage de raisons de s’inquiéter. Les pensées ne pouvant être réduites à un évènement physique précis, cette promesse est évidemment avant tout marketing. On ne pourra jamais écrire un texte par la seule force de la pensée.
Mais le projet « Muse » permet d’ores et déjà de transcrire des émotions. Une émotion se manifestant par différents signes physiologiques, il est possible de faire interagir ces signes avec des évènements physiques (police de caractère d’un texte comme lors de la démonstration proposée sur la scène de LeWeb ou univers d’un jeu vidéo). En soi, rien de bien inquiétant. Le plus inquiétant est peut-être de laisser croire que demain un objet pourra lire des évènements aussi aléatoires que les pensées… Le jour où une société pourra rendre programmable les pensées, il y aura de quoi s’inquiéter. Mais ça ne semble évidemment guère réaliste…

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